Traite-moi donc de Fiminazi

« Traite-moi donc de Fiminazi »

Quand… Près de 50% des femmes dans le monde sont victimes à des degrés divers, de violences conjugales.
Quand le mariage précoce est considéré chez certaines sociétés comme étant, un fait banal.
Quand, dans le monde entier, on évalue à 5000 le nombre de femmes et de jeunes filles victimes de crime d’honneur par année.
Quand la parole de toutes est par les mœurs étouffée.
Quand en moyenne, une femme sur cinq dans le monde est une femme violée
Quand certaines, encore ne peuvent de leur plein gré, divorcer.
Quand le nombre de femmes excisées est estimé à 130 millions dans le monde et tous les ans, au rythme d’environ 6000 cas par jour, soit 5 petites filles par minute.
Quand il y a des lois qui permettent aux violeurs d’éviter toute poursuite.
Quand on estime qu’il y a au bas mot 9 millions de femmes dans l’industrie de ce que certains appellent « le travail du corps », certaines estimations vont jusqu’à 40 millions à travers le monde.
Quand des magazines à la con, nous disent qu’il n’est pas correct d’être ronde.
Quand, selon les évaluations, 4 millions de femmes et de fillettes sont achetées et vendues dans le monde entier chaque année, à de futurs époux, à des proxénètes ou à des marchands d’esclaves.
Quand ne pas être mariée, à un âge avancé est considéré comme étant une chose grave.
Quand plus de 100 millions de filles manquent à l’appel à travers le monde du fait de la préférence accordée au fils.
Quand nos corps sont vus comme la source de tous les vices.
Quand, environs 3 millions d’entre nous sont victimes d’harcèlement sexuel au sein de leur lieu de travail et que 90% d’entre nous, disent subir d’une manière constante le harcèlement de rue et quand face à tout ça, on décrédibilise notre cause et on la tue… Alors combien ?
Combien de fois avons-nous entendu parler d’hommes qui se sont fait violer ?
Battre par leurs épouses ?
Fracasser par leurs sœurs ?
Victime de crime d’honneur ?
Marier de force ?
Brûler à l’acide ?
Interdit de suivre leur propre voie ?
Siffler et insulter dans les rues ?
Suivi jusqu’à chez eux ?
Lyncher à tout va parce qu’ils sont eux ?
Aucune ma foi mais plusieurs fois nous avons entendu dire que c’était de la faute de la femme encore, que si elle s’est faite suivre, insultée et puis sifflée c’est parce qu’elle était mal vêtue, que si elle s’est faite violer c’est parce qu’elle l’a d’une manière ou d’une autre voulu… plus encore et alors, la femme se doit d’arrêter de vivre pour satisfaire la bestialité de ces êtres ivres de supériorité ?

Au lieu d’éduquer la femme et l’homme à n’être qu’un, on éduque la femme à être une ombre discrète pour ne pas brusquer les pulsions de l’homme. Nous inscrivons un sentiment de culpabilité constant en la femme, une honte d’être formée et dessinée de traits légers.
On nous rappelle aussi qu’il faut savoir faire le tri, de ne pas mettre tous les hommes dans le même nid, on nous dit qu’ils ne sont pas tous comme ça. Oui mais ceux qui ne le sont pas, pour la majorité néanmoins, se fondent quand même dans le tas, s’effacent et ont de la gêne à se joindre au combat, ne comprenant pas que ce n’est pas contre eux, mais pour eux, pour tous, pour demain, pour un meilleur chemin.
Pourquoi faut-il constamment que ce soit les intéressés qui lèvent leur voix contre un mal qui défit toute morale ?

Encore des tas de questionnements à lever et des constatations à avouer, la plus pénible pour moi est celle de ceux qui trouvent l’inégalité hiérarchique entre les genres comme étant normal. C’est comme ça, disent-ils qu’on le veuille ou non, c’est une éducation… Oui une éducation à remettre en question.

L’éducation est un contrôle continu. Arrêtons d’apprendre aux garçons que c’est lâche de pleurer, que c’est faible comme une fille, arrêtons de construire des brutes qui voient leur force dans le droit qu’ils ont de sortir la nuit. Et puis il y a nous, nous…
A nous de nous corriger, de prendre part dans le combat de chacun-e-s, d’être là pour chaque cas, de se lire, s’écouter, se donner le temps, la chance de débattre, de créer de la diversité, de se mettre en confiance, de s’éloigner de l’arrogance et du surplus de dignité… la dignité n’est pas dans le fait de s’emporter à chaque fois qu’une femme essaye de faire valoir son existence, la dignité est dans le respect de sa présence et le féminisme enfin est un combat humaniste et commun… Traite moi de Fiminazi si tu veux, ma vie est un enjeu capital contre la formation patriarcal, t’as compris ?

 

 

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