Ta voix

Parler de liberté quand on en a aucune, sans rancune, souvent je parle de ce qui m’opprime puis supprime car il y a une volonté qui sur la mienne prime.

Je déprime et pars en guerre contre sa peur pour moi, je lui donne raison quelques fois, quand le ton de sa voix se fait plus fragile que narquois.

Je me regarde, moi des heures durant, mon teint mourant reflète parfaitement mon anxiété et mon ambiguïté social, en moi les émotions se bousculent en rafale, ça m’est infernal.

Je déballe mon sourire, je vis quand il le faut et puis sombre dans le paradoxe du vrai ou faux.Quitte à mourir, j’aiguise mes maux, mais je n’en fais pas assez, il y a tellement de choses à exprimer, tellement de choses à dire et face à ça, je me vois subir l’allégresse de la censure. Je finirai par périr sous ce désir ardent d’expression, mais qui suis-je pour en vouloir autant, pour croire pouvoir donner des leçons
à toute une nation ?

Ma mère me dit souvent que ce que je fais n’a aucune raison d’être et que ça me nuira, je me demande, moi seulement où ça ira et en quoi ma voix détruira la stabilité mensongère qui sans état d’âme on protège et clame…
Je clame mes mots.

Je me suis réfugiée dans l’écriture depuis toute petite, j’écrivais ce qui m’oppressait en quelques minutes et gardais tout pour moi, ce n’était que pour sacraliser ma voix. Les gens ne me suffisaient pas, j’écrivais pour me parler et me guérir après, et avec le temps, j’ai commencé à écrire pour les gens en m’inspirant de ce qui m’était oppressant, mais comment le faire entièrement quand on est nous même opprimé ?

J’en profite donc pour te parler, toi qui me lis à cet instant de ce que c’est que d’être une jeune femme qui s’exprime dans une société où sa place est en cuisine.
Ce ne sont pas les gens, pas ceux contre qui tu te bats ou défends mais ceux qui te portent amour et affection qui te stagnent de part leur peur de voir se déballer sur toi mille et un malheurs ou bien de te voir plonger dans le leurre. Ils ont peur de ce que les autres penseront de toi, des conséquences que pourrait avoir ta voix là où elle est considérée comme 3awra ! .
Je leurs donne raison quelques fois, quand les jugements mal saints se déballent sur moi.
Je comprends et conçois mais je ne pourrais en aucun cas faire autrement. Je cède pour apaiser leurs maux et puis reviens et clame maladroitement mes mots, parce que je sais que plus on se bat pour ce qu’on croit plus ça va, que les choses faciles ne sont pas assez vraies et qu’on s’en sentira toujours navrés.

Si tu subis toi aussi, quelque part la peur de ceux qui t’aiment, fais en ton tandem. Dis toi qu’avec le temps ils se feront une raison, ils comprendront que tu as le droit de suivre ton propre courant tout en les mettant au courant de tes faits. Ne te caches jamais quand tu penses faire juste et dire vrai.

lèves ta voix et fait des siennes car ta voix est aussi importante que la mienne.

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