Page blanche

Fixer des yeux cette page blanche et se demander avec quoi on va la noircir. Essayer, supprimer, repartir avec de nouvelles idées, frémir et se résigner à ne pas écrire…
Nous sommes les archives de ceux qui fuient, nous sommes faits de mépris, de déni, de maux et de mots, de ces choses qui reviennent souvent, nous sommes cette eau turbide qui sert d’urinoir à ses affectés qui n’ont pas de temps.

Tout est une affaire de temps, l’écriture, l’amour, l’intérêt que les sentiments suscitent et la lassitude qui se pointe subitement et commence à ranger jusqu’à la moelle nos passions.

Je me suis lassée d’écrire à bien des moments, mais je ne m’en suis jamais détachée contrairement à tous ces humains qui m’avaient entre les mains, et de mes mains coule désormais l’encre de ma guérison, petit à petit, avec le temps, au fil des écrits je me comprends mieux qu’avant.
J’ai appris à accepter mes peines, à les distinguer, à les nommer et à vivre avec parce qu’il n y a pas que moi, parce que je ne suis pas la seule à souffrir, ni la première, ni la dernière, parce qu’après moi on souffrira encore et même plus parce que le temps va de mal en pis, parce qu’il souffre lui aussi et nous sommes les pages vierges qu’il noircit.

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