Oran

On la critique mais elle existe, elle est là, indifférente à ceux qui pissent contre ses murs, à ceux qui l’injure entre deux gorgées de café amère ou face à cette mer où je cherche à me noyer, faute de pouvoir déployer mes ailes, me donner du temps, me faire un peu plus belle, un peu plus rebelle, et sereine.

J’aimerais comme elle, savoir faire face au temps, au mécontentement des gens, durer éternellement même si je sens mauvais, que je ne suis que déchets, que ma construction est désordonnée, et malgré toute la vérité que j’y mets , on continue à me charrier, à me dire que je ne sais pas écrire, que ces mots que je me tue à dire n’ont pas leur place, que je me voile la face à croire que je peux y arriver, que je devrais lire du Verlaine et laisser les sentiments de côté, que si je suis connue c’est parce que je suis la seule sur le marché.

Je voudrais qu’on me laisse marcher, qu’on ne me fasse plus douter de la chose pour la quelle je me suis entièrement consacrée, je voudrais comme Oran, pouvoir tenir même si on pisse contre mes murs, même si on me rue d’injure entre deux gorgées de café amère ou face à cette mer pour qui j’écris en ribambelle mais qui ne veut pas me rappeler à elle.

 

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